Un orchestre à soi (en cours)

Faire revivre les compositrices effacées de l’Histoire
(Anciennement intitulé Décompose/Recompose)

Découvrez l’article de Clara Languille d’Unidivers à propos de l’installation !

Découvrez le teaser sonore ici ainsi que le pitch vidéo !

Écoutez l’émission Crème de la crème (seconde moitié de l’émission) du jeudi 1 juin sur CanalB
dans laquelle je parle de mon projet d’installation sonore.

« Un orchestre à soi », une installation sonore & une websérie documentaire sur les compositrices européennes effacées de l’histoire de la musique. Sur une idée originale de Léa Chevrier en collaboration avec la réalisatrice Laureline Amanieux. Produit par narrative et Rétroviseur Productions



UN TRAVAIL ARTISTIQUE & DOCUMENTAIRE ENGAGÉ

Bach, Mozart, Beethoven… nous pouvons toutes et tous citer des compositeurs de musique classique. Mais combien de noms de compositrices connaissons nous ? N’y a-t-il pas eu de génies musicaux au féminin ? Comment exister, en tant que compositrice, lorsque l’histoire de la musique ment par omission sur la création féminine ? Comment se sentir légitime aujourd’hui, lorsque seuls les noms d’hommes compositeurs nous sont parvenus ?

Un orchestre à soi est une installation multimédia qui propose une expérience sonore et audiovisuelle à la découverte des compositrices européennes majeures du Moyen-Âge au début du XXe siècle. On découvre d’abord leurs œuvres musicales à l’intérieur d’une création sonore électroacoustique spatialisée, puis, le portrait de 8 compositrices majeures, à travers des films documentaires courts, tout en interrogeant leur invisibilisation dans l’Histoire.



DE L’AUDIBLE AU VISUEL – DE L’INVISIBLE AU VISIBLE

8 pupitres en bois, traces d’un orchestre fantôme, nous accueillent silencieusement. Petit à petit, le silence est rompu par des voix qui commencent à jaillir de ces pupitres : des sons de respiration, des syllabes, des bribes de mélodies. Ces chants, répartis dans l’espace de déambulation, nous sont proches et nous enrobent. Mais ils se font sans cesse interrompre par des sons de papier qu’on déchire, qu’on froisse puis qu’on brûle, les réduisant à nouveau au silence. Ces sons de destruction nous viennent quant à eux de l’extérieur, de plus loin. Ils nous encerclent et nous oppressent. Le mélange de ces voix, proches et chaleureuses, qui tentent de chanter et de ces sons, agressifs et lointains, qui les en empêchent nous plonge dans une totale immersion sonore.

Après cette phase de destruction, les voix commencent à renaître de leurs cendres. Des bribes musicales se font peu à peu entendre jusqu’à leur déploiement complet : ce sont les musiques des compositrices qui nous reviennent progressivement.

Sur les pupitres, on peut voir des partitions, des lettres d’époque adressées à des compositrices et des textes actuels de sociologues et musicologues qui traitent de la question de l’invisibilisation des compositrices. Ces éléments sont imprimés directement sur le bois des pupitres et sont une trace concrète de la présence fore des compositrices dans l’Histoire.

Puis, les visages des compositrices commencent à apparaître sur des écrans comme des fantômes prenant soudain chair sous nos yeux. Le dessin se matérialise petit à petit, les traits apparaissent à l’écran comme sous l’action d’un pinceau ou d’un crayon invisible. Des films courts, portraits documentaires, nous plongent dans la vie et l’œuvre de 8 compositrices en particulier : Hildegard Von Bingen – Une visionnaire de génie (Moyen-Âge), Francesca Caccini – A la pointe des innovations(XVIe siècle), Elisabeth Jacquet de la Guerre – L’enfant prodige(XVIIe siècle), Marianna Von Martinez – Une star européenne (XVIIIe siècle), Sophie Gail – Farouche indépendante (XVIIIe siècle), Louise Farrenc – Luttant pour l’égalité(XIXe siècle), Alma Mahler – Une ambition étouffée (début du XXe siècle) et enfin Ethel Smyth – Rebelle et féministe (début du XXe siècle).



UNE CRÉATION SONORE COLLABORATIVE


Afin de créer l’œuvre sonore spatialisée, des chanteur·ses professionnel·les et amateurices, des élèves d’école de musique et des enseignant·es sont invité·es à venir chanter des partitions de musique vocale écrites par des femmes, en particulier dans les différents lieux qui accueillent l’installation. L’idée est de mélanger des voix lyriques (soprano, ténor…) avec des voix contemporaines et pop, afin que chacun et chacune puisse chantonner un air après sa visite. Plusieurs dizaines de morceaux d’une grande diversité de compositrices, d’époques, de nationalités et de langues différentes sont ainsi enregistrés. 

Une cabine-karaoké d’enregistrement sera également présente dans l’installation. Elle permettra à tous·tes les visiteur·ses de l’exposition de participer à la création sonore en chantant.

Ces enregistrements sont ensuite découpés, décomposés puis recomposés à l’intérieur d’une œuvre électroacoustique qui mêle à ces voix du design sonore. Un logiciel (Reaper) permet de générer cette création sonore à partir des musiques et des voix ainsi récoltées. Bien que toujours identique sur le fond, l’installation se décline différemment dans chaque lieu d’accueil en fonction des musiques et des voix enregistrées sur place. Les participant·es pourront entendre leurs voix dans la création électroacoustique. L’œuvre prend ainsi toute sa force dans sa dimension collective et collaborative.



TEASER

Écoutez le Teaser sonore de l’installation qui donne un aperçu de la future composition électro-acoustique.
Il est en binaural, n’oubliez pas d’enfiler votre plus beau casque audio !

Ce teaser a été créé uniquement à partir d’enregistrements de musique vocale de compositrices, de nappes sonores faites à partir d’instruments de musique d’orchestre et de bruitages. Le montage est d’abord saccadé : on entend seulement des respirations, des syllabes, des notes courtes. Puis, petit à petit, les mélodies s’allongent, les voix se font plus claires jusqu’à entendre une phrase mélodique entière. La mémoire de la musique des compositrices nous revient progressivement.

Cet extrait décompose et recompose ces mélodies : « A chantar » de Beatrice de Die (12e), « O virtus sapientie » de Hildgarde de Bingen (12e), « Udite lagrimosi spiriti d’Averno » de Lucia Quinciani (16e), « Ch’amor sio nudo » & « Sio m’en vo » de Francesca Caccini (17e), L’air de Céphale dans l’opéra « Céphale et Procris » d’Elisabeth Jacquet de la Guerre (17e), « A smile and a tear » & « Three sighs » d’Harriett Abrams (18e), « Die ersehnte » de Fanny Mendelssohn (19e) et « L’Ave Maria » de Mel Bonis (20e).



PARTENAIRES

@photographie : Éléonore Mallo, Philippe Ollivier et Dorian Blanc